La transfusion des produits sanguins labiles, concentrés de globules rouges, concentrés de plaquettes et plasma, demeure une thérapeutique essentielle, efficace et vitale, en l’absence d’alternative thérapeutique. Le niveau de sécurité transfusionnelle est actuellement élevé avec les mesures de sélection médicale et biologique du donneur qui ont été mises en place. Malgré toutes ces interventions, il persiste un risque résiduel de transmission d’une infection, en particulier un risque bactérien avec les concentrés plaquettaires, un risque parasitaire avec les concentrés de globules rouges et d’une manière générale la crainte de voir apparaître de nouveaux virus émergents liés aux modifications épidémiologiques mondiales et aux voyages. L’inactivation des agents pathogènes par modification des acides nucléiques des agents infectieux par des substances chimiques ou photochimiques apparaît comme une mesure de sécurité préventive et à large spectre. Ces techniques existent déjà pour inactiver le plasma et sont en cours de développement clinique pour inactiver les concentrés plaquettaires et bientôt les concentrés érythrocytaires. On peut penser que l’inactivation universelle des agents pathogènes dans tous les produits sanguins labiles n’est qu’une question de temps si les essais cliniques et l’hémovigilance renforcée montrent que les produits conservent bien leurs propriétés biologiques, leur efficacité thérapeutique et n’entraînent pas de manifestations toxiques à long terme. L’introduction de telles méthodes en transfusion doit être prise en fonction du mieux-être apporté aux malades en tenant compte du rapport coût-efficacité sur la prévention du risque médical et sur la santé publique.
Communication de Janvier - 2006